jeudi 29 novembre 2012

Cassini, Napoléon 1er et les autres...


Carte de Cassini - Paris et ses alentours.

Outre les documents d’archives traditionnels comme les actes notariés, il existe des documents très utiles pour le généalogiste des maisons : les plans anciens.
Ils sont une photographie des constructions de l’époque. De différentes natures, ils enrichissent l'histoire des maisons.

Le  plan le plus connu et le plus consulté est le cadastre et notamment celui que l'on appelle "Napoléonien". 
Cadastre napoléonien 1808
Lieu-dit Saint Lubin
Dès 1807, Napoléon 1e décide le recensement de toutes les parcelles de terre qui se trouvent sur le territoire français. Ces relevés doivent servir de base au calcul de l’impôt foncier. Le travail est énorme : plus de cent millions de parcelles à mesurer. Il faut établir le plan des parcelles pour chaque commune, les classer par fertilité, évaluer le produit imposable pour chacune d’elles et réunir au nom de chaque propriétaire les parcelles éparses qui lui appartienne. 
Le cadastre ne se réduit pas à des plans. Il comporte aussi les matrices cadastrales : sorte de grands registres dans lesquels sont mentionnés les renseignements concernant les propriétaires.
Ce travail de titan durera jusqu’en 1850… Mais désormais chaque parcelle portera un numéro et un nom de propriétaire. 
Cadastre napoléonien 1824
Lieu-dit Le Plessis
Pour l’historien des maisons, c’est une véritable mine d’or. Ils permettent d’établir une généalogie des propriétaires de la maison sur environ 150 ans, de leur création jusqu’au milieu du XXème siècle et surtout il donne une première photographie ancienne du territoire.
Ces plans, en couleur, sont consultables gratuitement dans tous les dépôts d’archives départementales de France (certains sont même désormais en ligne sur internet).

En matière de plans, le cadastre n’est pas l’unique document historique utile au chasseur d’histoire de maison. On peut dire qu'il a eu des ancêtres. Le roi Charles VII (1403-1461) a été le premier à faire cadastrer ses Etats de Languedoc. Puis Colbert a repris l’idée pour l’étendre à tout le royaume mais le relevé ne fut jamais achevé. 

Les géographes Cassini père et fils - Carte de Cassini de Tours.
C’est à la demande de Louis XV qu’une famille de géographes, les Cassini, dressa, sur une période de 65 ans (de 1750 à 1815), des cartes du Royaume. 
Ces cartes magnifiques, en couleur, ne sont pas un cadastre à proprement parler. Elles mesurent le Royaume, détermine le nombre de bourgs, de villes et de villages et représentent ce qui est immuable dans le paysage. Elles permettent de situer un lieu dit, par exemple, et de comparer son orthographe de l’époque avec celle de nos jours. Mais elles ne donnent aucune indication sur le nom du propriétaire de l’époque.

Plan géométral de 1779 - Domaine du Plessis
Etabli par Jean-Baptiste Alexandre de Chapuiset
D’autres plans existent encore mais ils sont plus discrets et plus « cachés » dans les archives. Parmi eux figurent les terriers
Un terrier est un registre où sont consignés l’étendue et les revenus des terres, les limites et les droits d’un ou plusieurs fiefs appartenant à un seigneur. Beaucoup ont disparu car détruits à la Révolution Française mais on en trouve encore dans certains dépôts d’archives ou chez des particuliers. Ce sont de splendides registres dont les plans ont été dessinés et aquarellés à la main. Ils permettent d’avoir une représentation fidèle de la disposition des bâtiments, des jardins, des chemins, des étangs ou des douves. Les arbres y sont même représentés ! De vrais bijoux…

Les archives peuvent aussi receler des trésors cachés. Certains notaires, dans un acte de vente ou dans une donation-partage, parfois à la demande des protagonistes, établissaient un plan des lots concernés. Il permettait de clarifier le partage auprès de donataires. 
Mais un notaire pouvant aussi, parce qu’il avait une formation d'arpenteur-géomètre, insérer des plans des biens vendus ou achetés dans les actes qu’ils établissaient. Une véritable aubaine pour le généalogiste des maisons… Tout y est consigné : les lots, les patronymes, les surfaces, les noms de lieux. 

Archives notariales de Maître Périer (AD 37) 1766

Malheureusement, les archives concernant les maisons et notamment les plans les représentant, ne sont pas égales en richesse suivant les régions. Il faut souvent faire avec ce que nous offrent les archives mais une recherche approfondie est nécessaire car des trésors peuvent surgir sans prévenir… C’est ça l’intérêt de la recherche historique.




1 commentaire:

  1. Bonsoir, je suis Jérémie BOURILLON du blog « Généalogie facile » http://www.genealogie-pro.com


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    Jérémie BOURILLON

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